Etape n°2

Col d'Aussois et refuge du Génèpi

 

 

 

Le temps est très gris et brumeux ; on part vers 7H30, après avoir copieusement « petit déjeuné » : confiture de la grand-mère de Geneviève, œufs frais de la grand-mère de Claude …

Dès que nous commençons à marcher, il se met à pleuvoir ! La montée vers le col d’Aussois se fait en plein brouillard ; Bernard arrive le premier au col, il redescend à la rencontre des Printz, légèrement attardés ; il fait un froid de loup et Jean-Pierre en profite pour sortir son butane et préparer du thé : jamais breuvage ne fut si bon ! Il doit y avoir dans les parages des bouquetins mais comme on ne voit goutte au delà de 2 ou 3 mètres, on ne risque pas d’en apercevoir ! On ne s’attarde pas …, on gèle… et il y a encore un long sentier avant d’atteindre le refuge du Génépi (l’ambition des hommes était même d’aller jusqu’à la Valette, dès ce soir !).

On descend assez lentement du col car les sacs sont lourds !…Lorsqu’on atteint le replat, il se produit une belle éclaircie sur la vallée de Pralognan : alors qu’on émerge tout juste du brouillard, on voit le soleil éclairer la vallée, c’est très spectaculaire

La bonne humeur est encore de rigueur dans la petite troupe !….Moi, je suis anxieuse, j’ai vu, sur la carte, qu’on n’avait pas encore parcouru la moitié du chemin et je commence à avoir les épaules douloureuses à cause du sac. Je descends assez rapidement, prenant un peu d’avance en prévision de la prochaine montée et, effectivement, les autres me doublent dès que la pente s’inverse. Cependant, chacun trouve que c’est très dur, il y a de nombreux arrêts…Les sacs paraissent de plus en plus lourds… Seul, Bernard, plus entraîné, monte régulièrement sans s’arrêter, il reprend une bonne avance ! …Jean-Pierre tâche de ne pas trop m’abandonner, à l’arrière, je le suis tant bien que mal alors que Claude et les Printz s’attardent. Après la montée le chemin serpente en balcon et n’en finit plus de monter et de descendre, on croit toujours apercevoir le refuge qui doit se trouver au pied du glacier que l’on voit, là-bas…mais de refuge, point !…Au bord du découragement, on finit par l’apercevoir, tout petit, tout joli, tout neuf…bien au-dessous de nous ! Il faut encore «  se taper » une bonne descente bien raide, dans la caillasse, pour l’atteindre et il paraît si petit que j’ai une crise de désespoir : « jamais on ne pourra tous dormir là-dedans ! »… Et que cette descente est pénible ! Je ne peux plus supporter le sac, je le porte « à brassée », devant moi ; Jean-Pierre est furieux, il dit que je suis folle et veut le prendre lui-même mais…je refuse !

Enfin, on arrive au but à midi et demi, cinq heures après avoir quitté le refuge du Fond d’Aussois. Bernard est là depuis ¼ d’heure, environ, étendu sur l’herbe (il fait maintenant assez beau), assez « pompé », lui aussi !

Jean-Pierre est de mauvaise humeur, il doit se dire que le groupe est mal parti ; il me commande : « va chercher de l’eau et fais cuire du riz, on va manger ! »….alors que je n’ai pas la moindre envie, même de remuer le petit doigt !

Le refuge est sympathique : deux pièces contiguës, sans séparation, avec, d’un côté la salle à manger et de l’autre 24 couchettes. Il n’est pas gardé mais un surveillant du Parc de la Vanoise est de passage, il raconte pleins d’histoires sur les animaux, les chasseurs et les gens qui font des safaris ( et ceux-là, il ne les porte pas dans son cœur !).Il y a seulement quelques personnes de passage au refuge, des gens qui viennent du glacier ; d’autres randonneurs arriveront l’après-midi.

Bernard, Jean-Pierre et moi commençons notre repas…et le terminons…sans voir arriver Geneviève, Jacques et Claude ! Il n’y a pas trop à s’inquiéter car le chemin ne présente pas de danger particulier, on commence, néanmoins, à se demander ce qui se passe quand on les voit déboucher en haut du sentier…Ils arrivent au refuge et se laissent tomber sur les bancs, ils paraissent très fatigués, ils ont ressenti durement le poids des sacs bourrés de boites de conserve ( on apprendra un peu plus tard que Claude surtout a eu un « sacré coup de pompe » sur le sentier en balcon, cela, d’ailleurs, deviendra le principal sujet de plaisanterie des jours suivants !). Tous trois restent là un bon moment sans parler, sans vouloir manger, avant de reprendre leurs esprits. Il n’est plus question d’aller jusqu’à La Valette (seuls, Bernard et JP le voudraient bien !) . On fait une bonne sieste, ensuite, on se balade un peu, le long du torrent ; les garçons grimpent sur des rochers, Claude se révèle être un vrai singe et s’amuse bien !

Le soir, on fait le repas du siècle, avec, au menu :

"    Saumon fumé

"    Foie Gras

"    Quelques boites de conserve dont les Printz veulent absolument se débarrasser.

On est généreux avec les autres convives qui demeurent ébahis de notre abondance et se moquent bien de nous ! On fait donc connaissance, on remarque plus particulièrement les gens qui étaient déjà au refuge du Fond d’Aussois, et qui ont fait le même chemin que nous, aujourd’hui ( on se souviendra, en particulie,r de deux étudiants en médecine, pleins de suffisance !).

Je passe une excellente nuit mais pour les Printz, et Claude, ça n’est pas encore bien ça ! Bernard –qui, pourtant, n’arrive pas à faire entrer ses 1,92 m. dans la couchette – et JP n’ont aucun problème !

Remarque importante sur le refuge du Génèpi

Ce joli petit refuge, bien situé entre Aussois et La Valette a depuis disparu, emporté par une avalanche. Je l'ai cherché longtemps lors d'une randonnée à ski. J'étais sûr de la localisation, mais il n'y avait que de la neige et pas trace de refuge. Nous avons finalement été obligés de descendre jusqu'à Pralognan pour trouver un gite. Comme quoi il faut toujours vérifier l'existence des refuges, même si on y a dormi l'année précédente.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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