Etape n°4

La grande étape : cols du Petit et Grand Marchet
refuge Félix Faure

 

 

 

Le temps est toujours gris, il y a du brouillard sur la montagne, il ne fait pas froid . Nous partons un peu après 7 heures, nous montons immédiatement à un petit col au-dessus du lac de La Valette et nous débouchons dans le cirque du Petit Marchet.

Le paysage est très différent de tout ce que nous avons vu jusque là, on a davantage une impression de haute montagne avec, d’un côté de hautes murailles rocheuses et, de l’autre, une plongée vertigineuse et directe sur Pralognan : une éclaircie arrive juste à point pour nous permettre de mesurer notre petitesse par rapport à ce qui nous entoure.

On marche bien, il fait bon, c’est agréable. Bernard fait des tas de photos,… il s’apercevra plus tard que son appareil est vide de pellicule !!!

Pour monter au col du Petit Marchet qui ferme le cirque, le sentier commence par redescendre et Claude se refuse absolument à ce genre d’exercice, il préfère faire de l’acrobatie pour ne pas abandonner « sa courbe de niveau ».

Col du Petit Marchet

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Au dessus du col du Grand Marchet

 

Geneviève et moi arrivons les bonnes dernières au col, les hommes sont en pleine forme et nous encouragent.

Nous débouchons dans le cirque du Grand Marchet et le sentier descend à nouveau très bas avant de remonter au col, nous décidons de traverser dans la caillasse et cela se fait sans histoire.

La montée qui suit est assez courte mais raide : Geneviève et moi cheminons de conserve, toujours en queue du groupe. Nous arrivons bientôt suant et soufflant au col du Grand Marchet d’où la vue plonge sur le cirque duDard, la descente semble très raide, Geneviève est impressionnée !…

Juste au-dessus du col se dresse la Pointe du Grand Marchet, un piton rocheux : il est 9 heures, on a du temps aussi les garçons se mettent-ils aussitôt à grimper vers ce piton. Jacques redescend, il estime que ce n’est pas prudent de continuer ; JP disparaît derrière les rochers et reparaît bientôt…au sommet ; il appelle les autres : Claude et Bernard continuent l’escalade et le rejoignent. Pendant la descente on ne les voit plus, Printz dit qu’ils sont imprudents et je commence à être inquiète d’autant plus qu’ils ne répondent pas à nos appels. Enfin, ils réapparaissent :  ils prétendent qu’ils sont descendus lentement, avec prudence mais qu’il n’y avait pas de danger ! Qui croire ?

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Escalade vers le Grand Marchet

(Bernard en plein effort, avec Jean--Pierre derrière)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Au sommet du Grand Marchet, Bernard et Jean-Pierre crient leur joie

 

 

 

Après cet intermède, nous reprenons le sentier, il est très raide au départ et Geneviève a quelques petits problèmes dans les virages ( on n’est pourtant pas à ski !). On nous avait dit qu’une corde fixe avait été installée à un passage délicat mais on ne voit rien et on pense que les gens inventent toujours des histoires !…

La descente est longue, nos quadriceps commencent à protester…enfin, nous sommes presque en bas et nous pensons souffler un peu lorsque le terrain redevient accidenté c’est à dire qu’il est composé de plaques rocheuses mouillées donc glissantes : il faut faire très attention. A un moment donné, alors qu’on n’y pensait plus, on trouve notre « corde fixe » et il faut dire qu’elle est bien utile car la roche est une vrai patinoire. En dépit des moqueries des hommes , les femmes passent très bien ( pourtant j’ai bien peur mais Geneviève, non ).

Ensuite, il faut descendre encore et, comme toujours, : Claude s’y refuse : il suit la courbe de niveau mais à un moment donné, il se trouve dans une situation critique sur un névé pentu et dur qui surplombe un torrent (il n’a même pas un piolet pour se retenir !) : en plantant bien ses pieds et en avançant très lentement, il parvient à se tirer de ce mauvais pas … mais nous avons eu chaud ! Le sentier descend encore un peu et franchit une barre qui nous permet d’atteindre enfin le vallon qui conduit au refuge  Félix Faure : il y a encore 600m. à monter !

Je monte en queue du groupe, à mon rythme habituel, et bientôt, je rejoins les autres qui se sont arrêtés au bord d’un petit torrent pour faire pique-nique : je suis désappointée, je montais bien et j’aurais aimée continuer un peu, il est à peine midi et nous avons encore 1h30 à 2 h de montée, en étant optimiste ( je sais qu’il est toujours pénible de repartir après le déjeuner !). Mais puisqu’il en est ainsi, autant profiter de la halte ! D’autant plus que le soleil s’est mis de la partie et que nous avons une belle vue vers le fond de la vallée .. .Le petit torrent est joli, on commence à se déshabiller un peu pour se laver et de fil en aiguille, on se retrouve tout nu pour une vraie baignade : ça fait du bien ! Après cela, on saucissonne allègrement ! Petite sieste et nouveau départ…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Pointe de la Réchasse vue du refuge Félix Faure
On monte le long du torrent…On en a vite assez ! On sue… Nous marchons sur un sentier herbeux, joli et qui invite vraiment à la halte, cette fois-ci ! ….Lorsque JP découvre une source, on est tout heureux de prendre ce prétexte pour s’arrêter : seul, Bernard continue à monter. Claude boit goulûment de l’eau glacée, ça va lui couper les jambes ! Il fait délicieux, on rêve de camper ici. Des chèvres viennent nous voir, elles lèchent Claude et nous suivront ensuite, à la queue leu leu, presque jusqu’au refuge… Il est très difficile de repartir, on n’arrive plus à retrouver le rythme…surtout Geneviève et moi. On monte…en s’arrêtant souvent, mais enfin, on monte ; je commence à rire à tort et à travers, sans raison, on est sur les nerfs !… Le refuge est toujours plus haut, toujours plus loin, il y a des seuils et des replats, ça n’en finit plus…Enfin on débouche sur un grand lac asséché – le lac des Assiettes- , il faut le traverser, remonter un peu et le refuge est derrière. On aperçoit Bernard qui redescend à notre rencontre, il prend le sac de Geneviève…Bientôt, on atteint la terrasse du refuge et on boit : il est environ 16h30, il y a encore du soleil mais il commence à faire frais !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Bientôt, Geneviève et moi décidons de rentrer . Nous nous installons dans la salle à manger (les dortoirs n’ouvrant qu’à 18 heures), je suis complètement abrutie et j’attends que le temps passe en buvant du thé. Geneviève feuillette le livre du refuge…Les hommes se baladent dehors.

On a décidé de prendre le repas du refuge et on se promet  « un bon gueuleton » Auparavant, on va réserver nos places dans le dortoir, Geneviève et moi parlons de nos enfants en nous reposant sur nos lits…Atmosphère détendue…Les garçons viennent bientôt nous chercher car le dîner est servi . On a très faim !La soupe est délicieuse, une vraie soupe montagnarde avec plein de bonnes choses dedans ! Les garçons, mis en joie à l’idée d’un copieux repas, plaisantent…On parle du lendemain et, soudain, sans que rien ne le laisse prévoir, sur la remarque de Bernard : « demain, on remet ça, 5h30 pour l’Arpont », Geneviève éclate, elle se dresse en criant :  « non, non, ce n’est pas possible, et… vous m’énervez tous !», et se précipite dehors !…Brusque silence dans le groupe…consternation…Que faire ?On a vu Geneviève courir une trentaine de mètres et se cacher derrière un  rocher. Jacques termine son assiette de soupe et dit qu’il va la chercher…On nous sert du poulet aux petits pois mais plus personne n’a faim. Bernard est très ennuyé de sa maladresse. Les palabres derrière le rocher ont l’air délicates…Jacques revient, au bout d’un moment, chercher de l’aspro : je vais en proposer à Geneviève qui n’est toujours pas calmée mais, au contraire, de plus en plus surexcitée…Toute la soirée et la nuit seront pénibles (seuls, ceux qui ont des boules quies parviennent à dormir !). Les gens qui partent sur les glaciers nous réveillent très tôt le lendemain. L’itinéraire de la journée n’a pas été décidé… D’aucuns pensent que Geneviève ne voudra pas continuer et redescendra directement à Pralognan.

 

 

 

 

 

 

La Grande Casse vue du refuge Felix Faure

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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